La sensibilité

par | Déc 15, 2019 | l’Éducation et la parentalité | 0 commentaires

Cette semaine, j’ai décidé de parler de la sensibilité parce que je trouve que c’est une très belle qualité! Cependant, elle peut aussi être un fardeau, lourd à porter.

Dans notre société ultra-compétitive, la sensibilité n’est pas une qualité très valorisée. Dès le plus jeune âge d’ailleurs, on nous enseigne à la cacher ou à la réfréner. Presque comme quelque chose de honteux, ou en tout les cas, qui ne nous apportera pas grand chose. D’ailleurs, une personne sensible est souvent considérée comme étant faible.

Dans le cadre de mon activité, je suis souvent confrontée à des enfants très sensibles qui ont de la peine à gérer cela. Soit car on ne leur laisse pas la place de le faire, soit car on ne leur enseigne pas à accueillir leurs émotions. Ces enfants, ne sachant pas quoi faire de cette sensibilité, la refoule et, souvent, elle finit par créer un volcan qui explose. Cette explosion peut se traduire par un mal-être intérieur profond, par de l’isolement ou même par de l’agressivité envers le monde extérieur.

Selon moi, pour que les enfants, et plus tard les adultes, puissent considérer leur sensibilité comme un atout, il y a plusieurs choses à prendre en considération.

Tout d’abord, il faut que la société, et donc chacun de nous, chaque parent, chaque professionnel de l’enfance, chaque adulte, valorise la sensibilité. Elle doit être vue comme une vraie qualité. Elle fait partie de l’intelligence émotionnelle. Elle permet d’être en lien avec les autres, d’avoir de l’empathie, de venir en aide. Et aussi de créer, d’imaginer, de rêver.

Puis, il faut que l’on puisse apprendre en tant qu’adultes à reconnaître les différentes émotions, à les accueillir (même celles qui font mal) et à les appréhender. Lorsque l’on saura faire cela, on pourra enseigner aux enfants à faire de même et à mieux vivre ce qui les touche. Car oui, la sensibilité peut faire mal, mais si on apprend à identifier pourquoi elle fait mal, alors on saura mieux comment en prendre soin.

Je pense également qu’un véritable changement de mentalité doit s’opérer dans les liens faits entre sensibilité et genres. En effet, on parle généralement de la sensibilité comme une caractéristique plutôt féminine. En tant que mère ou même que femme, elle est souvent valorisée. Mais on permet rarement aux garçons de se montrer sensibles. D’ailleurs, la phrase “mais un garçon ça ne pleure pas!” est encore couramment utilisée. Ou, par exemple, un adolescent se montrant sensible sera rapidement catégorisé par ses camarades comme étant homosexuel. Même dans mon cadre professionnel, nous avons parfois tendance à attribuer tout ce qui touche à l’affect aux femmes, alors que les questions d’autorité sont plutôt attribuées aux hommes. On le fait souvent inconsciemment car c’est quelque chose de très ancré au niveau sociétal. Mais si l’on en prend conscience et que l’on commence à changer de point de vue, alors peut-être on permettra à chacun d’exprimer sa sensibilité comme il le souhaite!

Pour finir, je pense qu’il est aussi essentiel d’évoquer l’hypersensibilité. En effet, certaines personnes en souffrent. La sensibilité, dans ces cas-là, est exacerbée: à une même stimulation, ces personnes seront plus mobilisées que d’autres. Elles seront aussi plus réactives émotionnellement, avec une empathie très élevée et plus sensibles à des stimulis subtils. L’hypersensibilité est souvent en relation avec un haut potentiel intellectuel. Ce sujet est vaste mais extrêmement important. En effet, il peut permettre de mieux comprendre les difficultés de certains enfants et mieux les accompagner. Je partagerai donc des articles spécifiques sur ce thème prochainement.

Je vous laisse à votre réflexion… et j’espère que cet article vous permettra de laisser s’épanouir votre sensibilité pour qu’elle puisse offrir ce qu’elle a de plus beau.

Partager

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de

Bienvenue

Bonjour! Moi c’est Sarah. Educatrice sociale, spécialisée dans l’accompagnement des adolescents et de leur famille. J’ai décidé lors de mon expatriation à Madrid de créer ma propre activité et d’offrir mes services à tous les parents ayant envie de prendre du temps pour eux, d’évoluer dans leur relation à leur enfant et d’acquérir des outils pour mieux accompagner leur enfant. Je propose aussi d’offrir aux ados des accompagnements rien que pour eux, dans lesquels ils pourront apprendre à trouver leur place et à prendre confiance en eux.

Passionnée depuis toujours par les relations humaines, je crois vraiment que « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », selon la citation de Nelson Mandela.

Le plus populaire